SCIC Coopérative Créative du Castellas

Martina Westover Habitant étape 1 • 14 juin 2020
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Une idée ancienne, une approche moderne.

La spéculation foncière, la paupérisation urbaine, les pollutions ou encore la crise des liens sociaux incitent à la création d'habitats groupés.

Pourtant, le cohabitat n'est pas un nouveau mode de vie mais une actualisation d'un concept plus ancien. Matthieu Lietaert le souligne dans son ouvrage " Le Cohabitat, Reconstruisons des villages en ville." (Éditions couleurs livres) : « Autrefois, la majeur partie de la population vivait dans des villages ou dans des quartiers fort unis. Encore aujourd'hui, les populations des régions moins industrialisées vivent en petites communautés reliées, en leur sein, par de nombreux liens d'interdépendance. »...

On peut aussi ajouter qu'autrefois, ces villages, concentrés pour la sécurité et pour l’entraide, laissaient la terre libre autour des habitations pour l'agriculture et souvent pour une agriculture collective.

Dès le début, notre groupe a fait un choix conscient de créer ce projet sur un petit terrain proche d'un village pour deux raisons principales : diminuer notre empreinte écologique en étant proche des commodités et participer à la régénération d'un village économiquement déprimé.

Nous ne souhaitons pas être totalement autonomes, mais plutôt participer au circuits courts, soutenir les professionnels agriculteurs et artisans, les associations locales et créer des partenariats fructueux pour aider à améliorer le tissu économique, culturel et social. Il est essentiel pour nous d'aider à éveiller la conscience à la nécessité de libérer la terre pour l'agriculture.

https://terredeliens.org/

Nous sommes en accord avec les valeurs de mouvements tels que Reclaim the Fields et Terre de Liens qui a pour but "d'acquérir des terres agricoles et d'éviter ainsi leur disparition, d’en assurer la préservation à long terme par un usage écologique et responsable, de mettre ces terres en location à des agriculteurs pour une production biologique ou paysanne, de partager le fruit de ces expériences avec tous les acteurs intéressé, d’inventer de nouvelles réponses à la crise du foncier agricole et de réunir citoyens, décideurs et acteurs agricoles autour de ces perspectives".

Selon le Syndicat des jeunes agriculteurs, ce sont 26 m² de terres agricoles cultivables qui disparaissent en France chaque seconde (7 451 000 hectares agricoles entre 1960 et 2010). D'après Consoglobe, " non seulement la France perd des terres, mais l'artificialisation se porte majoritairement sur les meilleurs sols, avec une pression forte le long du littoral, autour des grandes agglomérations et des axes de communication."

« L'homme s'est historiquement installé sur des terres fertiles et les villes actuelles ont grossi autour de ces premières implantations », rappelle Robert Levesque, directeur du Terres d'Europe-Scafr, le centre d'études de la fédération des Safer (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural).

« En plus d'un impact sur la biodiversité, la disparition du foncier signifie la disparition du support pour la production alimentaire, s'alarme Carole Robert, des Chambres d'agriculture. Les consommateurs demandent des produits locaux, issus de l'agriculture raisonnée, des produits de qualité. L'agriculture française est à même d'y répondre, mais encore faut-il conserver les sols. »

La disparition du foncier interroge également l'indépendance alimentaire française et européenne. « L'Europe importe de pays tiers l'équivalent de la production de 35 millions d'hectares, explique Robert Levesque. En 1999-2000, ce chiffre était de 26 millions. » 

On peu lire dans un article du Monde de 2017 : "Les terres agricoles françaises sont très convoitées. Pas uniquement pour y planter céréales et vignes ou faire paître les troupeaux. Souvent, elles sont transformées en sol à bâtir pour y construire centres commerciaux, zones pavillonnaires, routes ou autres infrastructures. Après une décélération, ce mouvement de grignotage des terres agricoles est reparti de plus belle. La Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer) a tiré la sonnette d’alarme. En 2016, 30 000 hectares de foncier agricole ont été consommés par l’urbanisation."

Certains habitats groupés s’équipent d’espaces de production agricole, de taille plus ou moins importante (serres, potagers, petite exploitation agricole) afin de répondre à une partie des besoins alimentaires et de se reconnecter avec la nature, d'autres choisissent de soutenir ou de créer une AMAP.

Regroupons nous d'une façon solidaire et laissons la terre à l'agriculture. Inventons les habitats qui respectent notre Terre !