Définition de l'habitat groupé

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Le cohabitat ou habitat groupé est une forme de communauté intentionnelle qui réunit quelques familles, ménages, habitants ou groupes d'habitants ayant décidé de mettre en commun leurs ressources pour concevoir, réaliser et financer ensemble leur logement, au sein d’un bâtiment ou d'un ensemble de bâtiments géré collectivement par une société dont ils sont fondateurs ou sociétaires. Ils décident alors aussi de vivre selon des principes communs dont ils ont ensemble décidé des modalités, souvent autour de valeurs éthiques, sociales et environnementales communes.

En France, en 2014 la loi ALUR a modifié le Code de la construction et de l'habitation pour permettre tout en l'encadrant la création de société d'habitat participatif 2, de coopérative d'habitants et de société d’autopromotion (promotion immobilière autogérée par les habitants3). Selon l'étude d'impact de cette loi : « Constituant une troisième voie pour le logement, l’habitat participatif peut se décrire comme un regroupement de ménages mutualisant leurs ressources pour concevoir, réaliser et financer ensemble leur logement, au sein d’un bâtiment collectif. Selon les groupes, les projets sont construits dans le respect de valeurs essentielles comme la non spéculation, la solidarité, la mixité sociale, l’habitat sain et écologique, la mutualisation d’espaces et de ressources. Cette réappropriation de l’acte de concevoir leur logement témoigne du souhait d’un lien social renouvelé et contribue à la fabrication de la ville au sens large. »

En France d'autres termes sont plus couramment employés :

  • habitat participatif (ex : dans la loi ALUR en France)
  • habitat groupé
  • habitat coopératif
  • habitat en autopromotion (ex : dans la loi ALUR en France)
  • une combinaison de termes - par exemple « écohabitat groupé participatif »

Description du cohabitat

Une architecture conçue par et pour ses habitants
Le concept de « cohabitat » comporte en amont la définition d'un modèle d'aménagement immobilier qui facilite les échanges humains au sein du groupe ; chaque dimension de l'aménagement physique des lieux est étudiée collectivement et prospectivement.

Le groupe des futurs habitants est maître d'ouvrage pour les trois phases immobilières : la conception, la réalisation et l'aménagement d'une habitation commune ou d'un ensemble d'habitations (écoquartier ou écovillage dans certains cas).

Le cohabitat comprend des parties privatives et des parties communes. Très généralement, la partie privative comprend le lieu de vie « intime », privé de l'unité familiale, les parties communes étant destinées aux activités partagées entre plusieurs familles, et aux rencontres informelles. Ces dernières parties peuvent aussi offrir des lieux de service (buanderie, salle de loisirs, chambres pour les invités, atelier, garage, espace de coworking ou de télétravail, prêt ou location de vélos ou voitures partagées, etc.). Un smart grid et des équipements permettant une plus ou moins grande autonomie énergétique sont parfois associés au projet.

Traits communs

Comme le montre notamment l'étude de Gréboval en 2012 il y a des caractéristiques communes et des variantes à tous les cohabitats. Parmi ces caractéristiques on trouve :

  • La recherche d'un logement permettant une qualité de vie élevée pour un coût faible ou raisonnable ;
  • Un processus participatif qui va de l'établissement des valeurs aux éléments les plus concrets de la réalisation ;
  • La conception puis la réalisation d'un ensemble nommé de différentes manières - écoquartier, écohabitat, etc.
  • Des lieux et des équipements communs ;
  • Une gestion par les résidents ;
  • Une structure non hiérarchique de prise de décisions ;
  • Pas d'économie communautaire partagée (c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'exploitation d'un commerce commun).

Parmi les principes déclinés dans les cohabitats on trouve :

  • Une maison commune qui ancre la communauté - par exemple avec une salle polyvalente et une salle calme ;
  • Des sentiers piétonniers qui lient la maison commune aux unités privées. La circulation naturelle des habitants doit les amener à se croiser et à se rencontrer, de manière à favoriser les contacts informels, fortuits qui alimentent la vie sociale. Souvent des jardins partagés y sont associés (seuls ou en plus de jardins privés) ;
  • La cuisine (fenêtre et/ou porte) de chaque unité privée qui donne sur le sentier piétonnier ou sur un espace commun ;
  • Les automobiles (éventuellement partagées) demeurent en périphérie de l'ensemble, de manière à assurer le calme et la convivialité du lieu.
  • Les repas communs plus ou moins fréquents sont généralement vus comme partie intégrante de la vie du cohabitat, en gage de lien social, de moment de création de l'esprit de solidarité dans le groupe. Ils peuvent avoir lieu à des rythmes divers, généralement une fois par mois, dans certains lieux une fois par semaine.

La plupart des groupes vivants en cohabitat organisent également des journées de « chantier », d'entretien des communs, de l'ordre d'une fois par mois.

Les valeurs du vivre ensemble

La vie en communauté intentionnelle et les formes d'habitat participatif ont des valeurs de référence dont la palette varie selon les cas, mais qui est généralement définie dans une charte ou un règlement rédigée en commun par les fondateurs du projet.

Les processus, principes et critères de prise de décision - par consentement pas exemple - et de gouvernance sont décrits dans les statuts de la structure juridique qui crée le projet et qui l'inscrit socialement.

Les modalités d'articulation juridique particulière des participants sont élaborés dans le pacte d'associés et plus ou moins fortement cadré par la législation (Loi ALUR en France depuis 1994).

Les dimensions des pratiques sociales sont décrites dans un règlement intérieur.

Avantages sociaux, financiers et environnementaux
Le groupement de ménages et le partage d'espaces réduisent la consommation d'électricité et l'empreinte écologique encouragent les échanges sociaux et renforce la solidarité